Comment faire le deuil de votre chien

Comment faire le deuil de votre chien

La séparation définitive avec ce chien qui vient de vous donner 16 ans de joie, de bonheur et de complicité est une épreuve bouleversante. Les différentes étapes qui jalonnent le deuil sont des réactions normales dont la durée varie selon le vécu des personnes et ne sont pas forcément pathologiques. Elles peuvent le devenir si une personne reste figée dans une de ces étapes.

Comment faire le deuil de votre chien ?

Les chiens ne sont pas toute notre vie, mais ils rendent notre vie complète.                      Roger Caras

Les différents processus du deuil

Perdre le chien qui a été la « rencontre de notre vie » est un bouleversement. On a la sensation qu’on ne pourra jamais transcender notre détresse. Il est nécessaire de passer par un douloureux travail intérieur, le « travail de deuil ». Il permet d’accepter la mort de notre compagnon animal et de définir un « avant » et un « après ».

Reconnaître le deuil normal et les différentes étapes du deuil, connaître aussi l’existence des deuils pathologiques et comment les éviter permet d’y faire face le moment venu.

Le deuil normal

En moyenne, un deuil dure un an mais il peut varier d’une personne à l’autre.
Le travail du deuil normal se fait en plusieurs étapes qui sont rigoureusement identiques qu’il s’agisse de la perte d’un humain ou de votre chien fidèle.

La phase initiale, caractérisée par le choc et le déni, peut durer de quelques heures à quelques jours, voire une semaine.

Comment faire le deuil de votre chien ?

Le deuil est le prix que nous payons pour l’amour.               Queen Elizabeth II

La phase centrale est la période aiguë du deuil. Elle est caractérisée par une dépression, un retrait social et un mental entièrement dirigé vers l’animal disparu.

La phase de résolution signe la fin du deuil. La personne accepte la mort de son compagnon, elle retrouve ses habitudes de vie et s’autorise à faire des projets.

Le deuil compliqué

C’est une simple perturbation dans le travail de deuil qui peut devenir :

Intensifié : les diverses manifestations sont amplifiées. Fréquent en cas de relation fusionnelle avec le chien

Absent ou retardé : La période de déni est prolongée. C’est souvent le cas s’il n’y a pas eu de confrontation à la mort.

Le maître peut alors avoir des comportements illogiques : il continue à préparer les repas de son chien, il croit qu’il va arriver, qu’il l’entend. Il y a refus de la mort : il lui parle comme s’il était toujours là.

Inachevé ou chronique : la durée du deuil est prolongée voire illimitée.

La perte d’un chien qui valorise son maître, faible et timide peut amener ce type de complication. Il pense qu’il n’y a pas de réparation possible. Il n’arrive pas à surmonter le chagrin et quelques années plus tard il vit toujours dans le passé.

Le deuil pathologique

Il est caractérisé par l’apparition de troubles psychologiques dans le processus de deuil. Il s’agit notamment d’anxiété ou de troubles de l’humeur.

Les facteurs favorisant le deuil pathologique

Certains facteurs, notamment ceux liés au profil ou à l’histoire du propriétaire du chien, peuvent transformer un deuil normal en deuil pathologique.

Le deuil peut être compliqué lorsque le maître présente une faible résistance au stress et/ou une grande dépendance à son entourage. Ces personnes s’appuient généralement beaucoup sur leur animal se retrouvent désemparées et très fragiles lors de sa mort.

De même, les individus ayant eu des problèmes récents comme une longue maladie, un divorce ou autre, vont être affaiblis lors de la mort de leur compagnon. Durant tout ce temps, ils se sont raccrochés à leur animal. Le décès de celui-ci supprime la béquille émotionnelle qu’il représentait et ce malheur supplémentaire peut être terrible psychologiquement et avoir des conséquences désastreuses.

C’est également le cas pour des personnes confrontés à de multiples décès antérieurs. Le deuil de l’animal va réveiller des angoisses anciennes qui vont prolonger la souffrance à la perte de leur compagnon chien. L’inverse peut également provoquer un déroulement anormal du deuil. Un maître n’ayant jamais été en contact avec la mort va être également très troublé lors de la perte de son animal.

Comment faire le deuil de votre chien ?Enfin, il semble que l’âge et le sexe du maître influencent la mise en place du deuil.

Ainsi, les personnes âgées semblent plus souffrir de la perte de leur animal que les autres. Le chien est généralement leur ultime compagnon. Son départ ravive une grande partie des souvenirs heureux, symboles d’un passé heureux.

De plus, la mort de leur animal les confronte à leur propre fin. Il n’est plus possible de nier l’existence de la mort et l’évidence de la disparition inexorable de tout être les plonge souvent dans une détresse profonde.

Comment faire le deuil de votre chien ?Pour les enfants, il semble que leur attitude face à la mort varie selon leur âge.

De 0 à 6 ans, il y a absence de réaction. C’est normal. Pour eux, la mort est comme la vie. Il n’a pas conscience de la disparition de l’être par contre il ressent profondément ce que ressentent les autres, comme la tristesse. Il peut être envahi par des angoisses de séparation.

De 7 à 10 ans, il comprend que la mort est irréversible. Il peut éprouve un fort sentiment de culpabilité en croyant que ses pensées auraient pu changer le cours des choses.

À partir de 10 ans, les enfants comprennent que la vie mène toujours à la mort qui est définitive. Ils en prennent conscience en étant privés d’une présence physique rassurante. Ce manque suscite des questions et des inquiétudes auxquels les parents doivent répondre.

Pour l’adolescent, ce chien qui aime de manière inconditionnelle fait de lui un compagnon très important et une présence rassurante dans cette période où il est en recherche de lui-même. Sa perte peut engendrer de graves conséquences. Ce sont les plus touchés. À cette période, l’animal qui meurt coïncide avec la fin de son enfance et le passage à l’âge adulte.

Souvent, les enfants ont besoin de conserver un lien avec la personne disparue et il arrive fréquemment qu’on « surprenne » l’enfant parlant avec elle,. Ce ne sont pas des réactions anormales.

Les adultes doivent être à l’écoute des enfants : savoir les entourer, ne pas les exclure du temps de fin de vie, ni des cérémonies funéraires, leur expliquer avec des mots simples la situation, les déculpabiliser, les rassurer et leur permettre d’exprimer leur souffrance. Ils ont, eux-aussi, besoin de temps pour réaliser la disparition d’un être.

Quant au sexe, d’après une étude américaine réalisée par Mary Bloom, les femmes semblent souffrir plus que les hommes de la mort de leur animal. 50% des femmes contre 15% des hommes reconnaissent avoir eu des problèmes de santé dans les semaines après le décès. Mais aucune étude statistique n’a été réalisée en France sur le sujet.

Oser demander de l’aide

Avec notre chien, c’est un membre de la famille qui est parti, bien plus proche qu’un ami qui passe boire un verre de temps à autre. Oui, notre chien était et restera plus proche que beaucoup de nos prétendus amis et proches !

Deux solutions s’offrent alors à vous : passer du temps avec un ami qui aime autant les animaux que vous et qui saura écouter votre histoire d’amour avec Loulou, mais qui pourra aussi regarder des photos, ce qui vous permettra d’évacuer sainement votre douleur, sans reproches et sans moqueries, sans pics.

Et si vous n’avez personne dans votre entourage qui puisse prendre le temps d’entendre l’anecdote du jour où vous avez cherché Loulou pendant trois heures pendant qu’il courait après une chienne en chaleur, n’hésitez pas à vous tourner vers un inconnu qui peut vous écouter.

Des professionnels de l’accompagnement deuil sont là pour écouter, vous pousser à parler de votre ami perdu. Une aide est indispensable dans cette phase douloureuse, et ils sont là pour ça.

Dispositif d’accompagnement deuil animal 

Groupes de parole autour de la mort et du deuil  

Professionnel du soutien deuil 

Le syndrome du chien de remplacement

Comment faire le deuil de votre chien ?Il s’agit de la rencontre entre un chien en plein développement et des propriétaires en deuil compliqué ou pathologique.

Ce sont des maîtres qui ne se sont pas autorisés à exprimer leur souffrance et leur chagrin après la mort de leur chien. Le désir d’avoir un chien à aimer s’associe à la peur de souffrir et ils reprennent un autre animal sans attendre la fin du deuil. Ils se disent que le nouvel animal va remplacer l’ancien et qu’ils feront l’économie d’un travail de deuil.

Si le propriétaire reprend un jeune chien alors qu’il n’a pas encore cicatrisé, il ne donnera pas sa chance au nouvel arrivant et ce dernier sera aimé pour celui qu’il n’est pas. Le maître attend de lui qu’il soit la copie conforme du précédent et il a pour mission de nier sa mort.

Le nouvel animal se trouve investi de la fonction fantasmée de remplacer le chien idéal. Il ne peut donc pas répondre à de tels critères.

Pour le bien du chien et celui du propriétaire, il vaut donc mieux que le remplacement de l’animal décédé ne se fasse qu’à la dernière étape. Si le deuil n’est pas achevé, il peut se compliquer et la relation avec le nouveau peut être difficile à installer.

Toutefois, certaines personnes n’envisagent pas leur existence sans un animal et souvent ils ne peuvent retrouver leur équilibre tant qu’ils n’ont pas un nouveau compagnon. C’est pour eux un moyen de surmonter la mort de leur chien et de lui rendre hommage que d’en prendre un autre.

À la question quand reprendre un animal ? , le docteur vétérinaire Frantz Cappé répond : « Chaque cas est différent, quand on se sent prêt tout simplement ». Parfois même, le faire avant même la mort de son compagnon peut être salutaire. « Le senior ne ressent pas l’arrivée d’un petit jeune comme une trahison, explique le vétérinaire. Et l’effet peut être doublement bénéfique : il va stimuler le vieux chien ou le vieux chat et, lorsque le senior disparaîtra, ce petit animal demandera toujours soins, amour et attention, ce qui réduira le chagrin. »

Voyez ce nouvel animal comme étant une nouvelle étape dans votre vie de propriétaire et non pas comme le remplaçant du chien disparu. Ce nouveau compagnon vous permettra d’aimer et de prendre soin d’un être vivant et de surmonter la mort du précédent.

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